Chanson pour tous les losers qui prennent encore le bus à 30 ans et n’ont pas de Rolex à 50 ans

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Chic, cette semaine encore, ça devient une habitude,  la «Useless Playlist du Week end» de Where Is My Song invite une guest-star de qualité Premium !

C’est peu dire que c’est un honneur et que c’est avec grand plaisir que je lui laisse une carte, plus blanche que ça, c’est pas possible. Et cette semaine, nous recevons, tadaaaa…. C’est un peu spécial, cette semaine, parce que j’aime beaucoup l’invité mais que je ne lui ai jamais dit en vrai.

Donc là c’est fait.

Bref, non. Comme le veut désormais la coutume,  vous ne saurez pas qui est le très mysterieux invité mystère de la semaine avant d’avoir lu :

Chanson pour tous les losers qui prennent encore le bus à 30 ans et n’ont pas de Rolex à 50 ans

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C’est ainsi, en Irlande, on aime le mélodrame.

Quand on ne se balance pas des bombes sur la gueule, on se regarde en chiens de faïence de part et d’autre des Peace Lines et de temps en temps, on a une affaire de moeurs qui sort du placard.

On s’est bien marré avec Mrs Robinson, épouse de notre 1er ministre démissionnaire et femme volage, qui aime bien taper dans les caisses de notre pauvre province. On n’est jamais mieux trahi que par les siens.

Aussi lorsqu’Olivier m’a demandé de choisir une chanson, j’ai tout de suite pensé au titre de Simon & Garfunkel, Mrs Robinson, pour faire un clin d’oeil à cette actualité amusante et si révélatrice, à la fois. Les Irlandais du Nord font le dur apprentissage de la démocratie et de ses aléas ponctuels.

Et puis j’ai changé d’avis.

Je me suis retrouvé avec une liste de 10 chansons. Il fallait en choisir une.

UNE.

De quoi me rendre fou ! Surtout que ce grand malade d’Olivier est venu, pendant 30 secondes, me troubler l’esprit avec Gun Club. Un petit Vade Retro Satanas bien senti et hop, le sémillant provocateur, et néanmoins hôte d’un jour, me laissa tranquille.

Je finis par faire une boulette de ma liste, car j’avais trouvé la chanson. Une chanson d’un groupe irlandais, ça va de soi. The Fatima Mansions. Le groupe de Cathal Coughlan, l’après-Microdisney, après qu’il se soit débarrassé de Sean O’Hagan, parti lui fonder ses High Llamas.

The Fatima Mansions – « Only Losers Take The Bus »

Nous sommes en 1989 et «Only Losers Take The Bus» est la première chanson du premier album des Fatima Mansions et c’est la variante irlandaise de la Rolex de Séguéla, 20 ans avant.

Pour tout admirateur qui se respecte de Microdisney, les Fatima Mansions sont la suite logique de l’évolution musicale de Cathlan Coughlan. Celui-ci débarrassé de la pop gentille de Sean O’Hagan durcit le ton à tous les compartiments. Acerbe et ironique, le chanteur laisse sa rage prendre le contrôle de ce premier album.

Il en résulte ce méchant «Only Losers Take The Bus», qui emprunte énormément au Bowie de Ashes to Ashes – du moins, formellement – et règle, à distance, ses comptes avec la Thatcher qui avait eu cette phrase sublime de provocation : « Tout homme qui prend les transports publics après 30 ans devrait se considérer comme un raté ». Coughlan lui répond et de manière grandiose :

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« I’m born again in hail and flames

Go tell it loud to all my slaves… »

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20 ans après, je dédicace cette chanson aux pauvres cons qui prennent encore les transports en commun et qui, vraisemblablement, n’auront pas de Rolex à 50 ans.

Ulrich Stakov


Mais qui es-tu donc, Ulrich Stakov ?

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L’image ci-dessus, choisie par ses soins, offre un parfait aperçu de ce qu’est Ulrich Stakov :

une rage intérieure qui ne passera pas et un mantra :

«Voilà ce que je suis, et voilà ce que je fais de ton avis sur la question.».

Ici, on apprécie les individus qui ne se l’envoient pas dire.

A tout le moins, Ulrich est de ceux-là.

Et c’est déjà ça.

Ajoutons que l’homme est irlandais.

C’est dire sur le bouillonnement interne agitant le personnage.

Ulrich Stakov fait partie des emmerdeurs utiles.

Comprenez ceux qui l’ouvrent quand il le faut dès qu’il le faut.

Pour appuyer pile là où vous ne souhaitez surtout pas que quelqu’un appuie.

Un pied dans le plat vivant si vous voulez.

Mieux, Ulrich Stakov fait également partie de cette catégorie très rare d’individus qui, lorsqu’ils ont tort, ont un peu raison d’avoir tort quand même.

Après étude, Ulrich s’avère être tout plein de choses touchant de près ou de loin à l’écrit. Mais qu’importe.

Est-il encore utile, après lecture du texte qui précède, de mentionner l’encyclopédique culture musicale, l’exigence rare, le goût du rare qui habite littéralement les colonnes de L’individu Incertain , le très hautement recommandable site de ce gentleman ?

Oui, parce qu’il est important de rester humble. Et L’individu Incertain est de ces lieux qui vous rappellent que vous êtes loin, très loin, d’en avoir fini avec la musique. La bonne. La vraie.

Et allez donc faire un tour au passage sur This Women Coil, le fort beau précédent projet d’Ulrich, histoire de comprendre un peu mieux à qui vous avez à faire.

A un type épatant qui ne lâche rien.

Jamais.

… et qui cache sous les dehors glaçés et sophistiqués de l’esthète cynique qui vous emmerde un gentil garçon qui aimerait tant vous embrasser… s’il n’avait pas autant de raisons de vous envoyer vous faire foutre.

(Et merde, j’avais promis à Ulrich un portrait cynique bien senti, qu’il mériterait amplement… Damn.)


precision inutile :

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Tout ce qui vous a plu sur cette page, c’est grâce à Ulrich.

Tout le reste, c’est de ma faute…

Merci Majuscule, Mister.-

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One Comment

  1. 25/01/2010 at 11 h 51 min | Permalink

    Ouais c’est exactement ça, Ulrich a tout le temps tort mais a toujours raison d’avoir tort. Très bon choix. Faut que je bosse sur le mien :)

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