Bon d’accord mais c’est quoi un bon groupe ?

<?php the_title(); ?>


-

-

A la question « C’est quoi un bon groupe, selon vous ? « , 82 % des chauffeurs de taxi répondent « Vous avez un itinéraire préféré ? » et 18 % ne se prononcent pas.

Si l’on reformule comme suit : « Selon vous, Un arbre en pleine forêt fait-il du bruit quand il tombe s’il n’y a personne pour l’entendre ? »,

70 % des chauffeurs de taxi répondent « Vous avez un itinéraire préféré ? », 9 % répondent « Houlaaa, c’est bouché sur le périph’. »,   3% répondent « Ta gueule connard. » et 18 % ne se prononcent pas.

Il est donc urgent de se pencher sur la question.

Pardonnez-moi, je me suis trompé d’introduction.

Je recommence.

Lors des fiévreux débats ayant eu lieu entre les épatants membres du jury de la formidable initiative Net Emergence (une utopie musicale, mais surtout une très bonne idée), débats ayant pour but de déterminer quel était le groupe à faire émerger ce mois-ci, il est apparu qu’outre l’évident critère artistique, bien d’autres critères pouvaient entrer en ligne de compte.

Je ne vous dis pas lesquels sinon ça sert à rien de lire l’article.

Il en est ressorti que le groupe Viva & The Diva avait gagné le droit de se faire émerger mais que ça pouvait se discuter, rapport à une qualité évidente mais à une présence approximative de type  »Bon mais ils existent pour de vrai ou bien ? ». A l’inverse, la démarche de certains artistes séduisait, leur musique moins. Tout ça a posé, de fait, la question :

« C’est quoi un bon groupe aujourd’hui ? »

Il est donc urgent de se pencher sur la question :

C’est quoi, un bon groupe aujourd’hui ?

Attention, ça a l’air simple comme ça, mais méfiance. On va y aller par étapes sinon c’est le fouilli.

D’autant que la question prête d’emblée à discussion, vu qu’à l’évidence, tout ceci s’avère éminemment subjectif : un groupe est « bon » lorsque VOUS le trouvez bon.

Fin de l’article merci.

-

Oublions la subjectivité et pontifions :

C’est quoi un groupe ?

Un groupe est une réunion de personnes. Par extension, un « groupe », dans les milieux musicophiles, est une réunion de personnes ayant pour objet de produire de la musique ayant pour vocation, par définition, de s’avérer agréable à l’oreille et de procurer du plaisir de là à là.

A ce stade, si vous trouvez qu’on est plus avancés, je vous conseille de consulter cet excellent article, qui fait bien le point .

-

Définissons un groupe en 4 étapes simples :

-

Etape 1 : Un groupe décide d’exister.

Groupe fraîchement formé, ayant décidé d’exister afin d »envoyer du lourd ».

SI le groupe, d’un commun accord, décide de ne pas exister. Il n’existe pas. Ca ne sert à rien de chercher à l’écouter.

Si le groupe, d’un commun accord, décide d’exister, il peut passer à l’Etape 2.

-

Etape 2 : Un groupe utilise des instruments, dont la voix, pour produire des sons.

Ca, ça va.

Ca élimine déjà tous les gens qui n’ont pas d’instruments (ou de voix) et/ou qui ne s’en servent pas. Ce qui ne les empêche pas de se réunir à l’occasion mais là ça ne compte pas.

Instruments ayant pour vocation d’aider à la formation d’un groupe qui « envoie du lourd »

Les autres groupes peuvent passer à l’Etape 3.

-

Etape 3 : Un groupe produit des sons qui forment de la « musique »

Ha.

Oui, parce que sinon, ça signifie qu’il ne se sert pas de ses instruments, donc ça ne compte pas (cf. Etape 2)

Dans certains cas, les sons, bien agencés , peuvent sembler agréable à l’oreille pour une certaine catégorie de personnes que l’on nommera « public », pour s’y retrouver.

On dit alors du groupe qu’il « fait de la musique » pour son « public ».

Groupe qui produit des sons (allégorie)

Exemple : « J’ai écouté The Police. Ca c’est de la musique ! Je fais partie de leur public. »

Il est temps pour le groupe de passer à l’Etape 4 :

-

Etape 4 : Un groupe existe, afin que sa musique puisse atteindre des oreilles.

Ha.

Oui, forcément ? Ben non. Un groupe peut ne pas exister. Attention, on parle de groupes en activité, pas de groupes décédés comme les Rolling Stones ou Vincent Delerm. Je disais quoi ? Oui, un groupe peut ne pas exister, au sens « présence », au sens  » interactions », au sens « concerts ». Bref, un groupe peut « faire de la musique » (des chansons par exemple) mais ne pas « exister ». A l’inverse, un groupe peut ne plus faire de musique mais exister encore. (Ex : les Beatles, Les Rolling Stones, etc..)

Si.

Or exister c’est important.

« Un poète mort n’écrit plus. D’où l’importance de rester vivant. » a écrit Michel Houellebecq, que je n’aime pas citer parce que c’est un sale con (rien de personnel), mais j’aime bien cette phrase, elle envoie du lourd (elle est amusante cette nouvelle expression : « envoyer du lourd », elle s’applique à tout et à n’importe quoi) (exemple : « Hé ben dis donc, Le JT de France 3, il envoie du lourd ! »).

Donc exister, c’est important.

Il existe de nombreuses façons d’exister. Les meilleures impliquant en règle générale des échanges, une vie sociale, une vie publique, des concerts, enfin vous voyez le genre.

Un groupe qui « n’existe pas » de type lambda compose des chansons dans sa cave par exemple. Comme ça personne ne les connaît et tout le monde s’en fout.

Mais un groupe qui « n’existe pas » peut aussi demander à un label de le faire exister, et composer des chansons qu’il vendra par paquet de douze grâce à des rotations rapides et une promo massive (promo qui « envoie du lourd » donc, on ne s’en lasse pas).

Enfin, un groupe qui « n’existe pas » peut se bouger les fessiers et se mettre à exister, histoire que l’on sache…oui, qu’il existe, j’allais le dire.

Bref, exister c’est important.

Groupe qui existe (résultat)

-

Bon d’accord mais c’est quoi un BON groupe aujourd’hui ?

Un bon groupe aujourd’hui obéit aux mêmes règles que le groupe, mais en mieux.

C’est bien sympathique, mais que signifie « mais en mieux » ?

Ca signifie à peu près ce que vous voulez, tant que les sons produits par le groupe en question vous arrivent aux oreilles et vous font ressentir une émotion de type « Ca, j »aime. J’ai les tympans qui frétillent ».

La difficulté vient du verbe « exister » (Etape 4)

Exister, c’est important. Un groupe qui n’existe pas n’en est pas un. Donc un groupe qui n’existe pas ne peut pas être un « bon groupe ».

Je vous l’accorde, dit comme ça, ça a l’air un peu con, comme démonstration.

Mais n’oublions pas qu’ »exister » permet au groupe de faire parvenir sa musique à vos oreilles, sans quoi elle ne produit aucun son, même de bonne qualité, à l’instar de l’arbre, qui lorsqu’il tombe en pleine forêt, ne produit aucun son lorsque personne n’est là pour l’entendre (parce que c’est le cas, faut pas me prendre pour un con).

-

Reconnaître un bon groupe, avant, c’était simple

« Avant » (comprenez « à l’ère pré-digitale »), un groupe décidait d’exister (Etape 1) utilisait des instruments (Etape 2) pour faire de la musique (Etape 3) et n’existait pas (Etape Rien).

SAUF si ce groupe trouvait un « label ».

Si le label disait « J’aime beaucoup ce que vous faites, signez là. », le groupe signait là et existait. (Etape 4) Il avait alors toutes les chance de devenir à plus ou moins long terme, un « bon groupe » (comprenez « de plaire à des oreilles »).

Si le label disait « Faut pas rester là ou j’appelle la sécurité, zazous «  le groupe n’existait pas (Etape Rien) et le groupe revenait en Etape 3 afin de tenter sa chance auprès d’un autre label.

C’était pratique comme tout pour s’y retrouver : d’un coté les « bons groupes », signés et tout ça, de l’autre, les pas « bons groupes », pas encore signés, ou pas signés du tout.

Agrandir ce complexe schéma.

-

Connaître un bon groupe aujourd’hui, c’est pas gagné.

Les premières Etapes ne changent pas : un groupe décide d’exister (Etape 1), utilise des instruments (Etape 2) pour faire de la musique (Etape 3).

La suite ?

Ha.

C’est à dire que c’est compliqué avec Internet et tout ça (ici, insérer quelques Ibuprofènes). Le groupe a non seulement l’embarras du choix pour tenter d’exister, mais il a également l’embarras tout court.

Pour faire simple : c’est un joyeux foutoir de type 2.0 dans lequel les plus à la traîne sont ceux avec lesquels vous rêviez de travailler hier. En jargon, on les nomme « les labels qui n’ont rien compris ».

Heureusement, il est autorisé de se pencher sur la question et d’y voir un peu plus clair. Il est même autorisé de tenter des choses, dans l’idéal en compagnie de structures qui comprennent quelque chose à tout ça.

En jargon on nomme ça « Etre un groupe bien entouré et se remuer un peu. »

Seuls les groupes bien entourés qui se remuent un peu ont une chance de faire parvenir de la musique à des oreilles, donc de devenir un « bon groupe ».

Agrandir ce complexe schéma.

-

Vous êtes un groupe ?

Vous voulez devenir un « bon groupe » ?

Il va falloir exister, les amis.

-

Non, ce n’est pas simple, mais c’est toujours mieux que de ne pas exister.

Miracle, il existe des ressources fort recommandables vous prodiguant de forts judicieux conseils pour « exister » :

B comme Boxons et son indispensable Guide pour les groupes indépendants inconnus et qui ne veulent pas le rester.

Don’t Believe the Hype : LE site francophone sans images grâce auquel vous allez comprendre tout ce à quoi vous ne comprenez rien en matière de marketing musical. Mention spéciale à l’article « Dis, c’est quoi une bonne stratégie musicale online ? » , qui fait un point exhaustif sur tout ce qu’on vient de raconter dans le complexe schéma qui précède.

-

Un bon groupe, c’est un groupe qui existe.

Tout ça pour ça ?

Oui.

Il y a des constats d’évidence qu’il est parfois urgent de marteler.

(cet article est amicalement dédié au groupe Viva & The Diva, que Net Emergence ne pourra pas faire émerger contre son gré…)

Popularity: 16% [?]

22 Comments

  1. 29/01/2010 at 15 h 12 min | Permalink

    Ca manque de camemberts Excel mais c’est très juste :)

  2. Olivier R.
    29/01/2010 at 15 h 28 min | Permalink

    Héhéhé, je suis plus à l’aise avec des Keynotes. Mais la prochaine fois je ferai des courbes à la con, promis.

  3. 29/01/2010 at 15 h 35 min | Permalink

    Bon ça va finir par sentir le consanguiin (on dit consanguin hein? Pas cosanguin. Je pourrai vérifier mais là non).

    Un lien vers ton site, un lien vers le mien, une brève de @virberg.

    Et ce n’est peut-être que le début hin hin hin…

    Bien bon article qui permettra à tous les groupes d’atteindre beaucoup plus rapidement qu’avant l’étape rien.

    Me demande si je ne vais d’ailleurs pas terminer mon guide là-dessus.
    « RIEN: vous êtes arrivé, ça fera 100 euros ».

    Bref, la classe comme d’hab.

  4. 29/01/2010 at 15 h 36 min | Permalink

    Pas mal du tout, ça manque de bon groupes parallèles (entendre « groupes plaisant à des oreilles dans un milieu très particulier qui fait qu’ils sont bons, voire signés mais pas connus)mais bel exercice

  5. Olivier R.
    29/01/2010 at 15 h 43 min | Permalink

    @Valery Thanx ! Oui, tu as raison, il est important que les groupes ne perdent plus de temps avant d’arriver à l’étape RIEN.

    @Violette : j’abonde. C’est juste ! Ca me posait un blème de simplifier ça mais sinon mon schéma complexe faisait 2 A4 et l’article n’en finit déjà pas… Thanx en tout cas !
    Ceci dit, il y aura peut être une update !

  6. 29/01/2010 at 15 h 50 min | Permalink

    T’as oublié de préciser que si un groupe veut vraiment exister, mais alors vraiment vraiment de chez Vraiment & Frères, il fallait qu’il fasse l’objet d’un mot, d’une ligne, voire d’un article soit dans les Inrocks, Pitchfork et/ou TF1.

    Sinon il existe, mais bon, voilà quoi.

  7. 29/01/2010 at 16 h 26 min | Permalink

    Bon, hormis le fait que j’ai lu cet article dans le métro et que je suis passé pour un arriéré tellement l’étouffement de mes rires était tout sauf discret… Je plussoie à fond (explications, schémas, liens). Par contre dans ton dernier schéma, j’aurai quand même rajouté une bonne dose d’oreilles « Ca j’aime pas, j’ai les tympans qui se mordillent ». ;)

    @Charly_SDDD

  8. [grrr]
    29/01/2010 at 16 h 50 min | Permalink

    Pour la forme : vraiment très marrant ;o)

    Pour le fond : je crois que ce dont tu parles c’est « qu’est ce qu’un bon groupe sur le web ? » non ?

    Même si internet est incontournable aujourd’hui, tout ne se résume pas à ça, ce n’est qu’un média, un extraordinaire média qui révolutionne tout ok ok, mais un média.

    Mais les concerts ça existe encore, les CD aussi. Les labels ne sont pas *que* des gros nazous qui n’ont rien compris à l’époque…

    Je ne sais pas exactement quoi, mais il y a quelquechose qui me gêne dans cette façon d’affirmer que « voilà tout est comme ça maintenant, c’est ainsi et pas autrement »… Mais j’avoue ne pas savoir exactement quoi non plus hé hé !

  9. Olivier R.
    29/01/2010 at 17 h 14 min | Permalink

    @Mlle Eddie : Je te l’accorde, sauf que c’est l’étape d’après. Heureusement qu’il y a encore plein de groupes qui « existent » sans chronique dans les Inrocks. C’est même pas une question de carrière, c’est une question de survie, en fait. Après, si y’a carrière, youpi !

    @Grrr Merci ! Si tu lis bien l’article, j’inclue les labels « qui ont compris quelque chose » dans l’entourage du groupe « bien entouré ». Et heureusement qu’ils existent ! C’est avec eux qu’on échange et que ça avance. Ce sont eux qui ont les bonnes idées pour pousser leurs artistes.

    Les labels qui n’ont rien compris sont une calamité pour les groupes qu’ils signent.

    Tu le dis toi même : « le net est un média qui révolutionne tout ». Ce sont des mots, mais aussi une réalité très concrète. Un bon groupe aujourd’hui, c’est avant tout un bon groupe online. QUi se fait entendre. Ou alors, c’est un bon groupe qui ne va pas forcément le rester. Oui, c’est un média, non ce n’est pas le seul, mais pour tous les groupes qui se lancent, je ne vois pas d’alternative, même s’ils sont encadrés par une structure maline et up to date.

    L’émergence, elle vient de là, elle vient de moins en moins des talent scouts des labels. Et quand elle vient des talent scouts, où ils les ont trouvés les groupes mmm ?

    L’idée c’est juste de pointer un truc : si tu veux être entendu en partant de rien, mieux vaut oublier le premier schéma, parce que c’est mort. Après, c’est une opinion, hein, c’est pas : « c’est comme ça et pas autrement ». Mais c’est une opinion fondée sur de l’empirique en tout cas…

    Que les médias tradis soient des relais qui boostent après, ça, je n’en doute pas une seconde. C’est ce que souligne Mlle Eddie, d’ailleurs, et c’est juste. L’étape d’après c’est d’être relayé par la presse spé, par les gros acteurs online, par les radios / TV (encore un peu), bien sûr.

    Mais là, je m’adresse aux groupes qui se demandent comment se faire un public. Pour ça, désormais, il faut « qualifier ton contenu » (oui, c’est moche). C’est une réalité.

    Oui, bien sûr, tu peux « exister » sans le net. Oui. Mais un petit « oui ». Tout petit. De plus en plus petit.

    (si tu retrouves ce qui te gènes, be my guest hein !)

  10. 29/01/2010 at 17 h 26 min | Permalink

    superbe photo de Gerry Roslie et ses hommes…
    Les Sonics en effet ont
    1)existé (j’ai des des preuves)
    2)envoyé du lourd (sic)
    3)utilisé leurs instruments (si si)
    4)fait de la musique aussi
    5)atteint des z’oreilles
    6)été bons (ça se murmure)

    terrifiants tes schémas complexes – qu’ils sont beaux (j’ai mis le premier dans mon bureau mais le deuxième ne s’agrandit pas même en cliquetant sur « agrandir ce complexe schéma »)

    Et… c’est vrai les gens, n’oubliez pas de faire beaucoup beaucoup de concerts, c’est quand même le but ultime :)

    Yeah Yeah Yeah Yeah Yeah. Et paf!

  11. Olivier R.
    29/01/2010 at 17 h 36 min | Permalink

    @Rock_0la, Alors là, sacré toi, reconnaître les Sonics. Bigre ! J’étais, je le jure, certain que personne ne trouverait… Respect.

    (le 2eme schéma, ça marche, mais ton navigateur le réduit peut être, faut juste cliquer / zoomer dessus pour l’avoir en big).

    Et oui, t’as raison, c’est bien joli d’arriver aux oreilles, mais après il faut rester. Et là : live ou concert ou scène, pou alors live. Plein.

  12. [grrr]
    29/01/2010 at 18 h 29 min | Permalink

    En même temps sans vouloir minimiser cet exploit, le fichier s’appelle « sonics.jpg » !

  13. [grrr]
    29/01/2010 at 18 h 39 min | Permalink

    Je crois que ce qui me gêne c’est le côté simpliste du truc : AVANT c’était comme ça. MAINTENANT c’est comme ci – mais je sais que tu forces un peu le trait, sans doute volontairement.

    Un truc bizarre c’est que « sortir du lot » avant c’était être signé par un label. Maintenant c’est créer un buzz sur internet. Entre les deux, j’ai du mal à choisir ce qui est le mieux, en tout cas le plus méritoire « artistiquement ». En même temps c’est pas comme si on me demandait de choisir…

  14. Olivier R.
    29/01/2010 at 19 h 16 min | Permalink

    @GRRR Hou le fâcheux. Oui, bon. grmmmmbllmmbll sonics.jpg gnagnagna. Ok. mmmmmouais bon.

    Sinon :
    Oui le Avant / Après, c’est évidemment créer une rupture total artificielle. Sinon on s’en sort plus hein. L’idée c’est de schématiser sans trop simplifier, sans être trop réducteur quand même.

    Là où, en revanche, c’est différent, à mon sens, hein, c’est qu’il ne s’agit pas de « créer le buzz » pour sortir du lot. On n’en est plus là. C’est de construire un modèle viable d’émergence des groupes. un truc qui tienne la route de lui-même, comme « avant », quand c’était « être signé sur un label ». Le truc valait ce qu’il valait mais était viable.

    C’est ça l’enjeu, non ?

    Et tout le joyeux foutoir 2.0, sert à ça.

    Seulement un artiste, s’il ne veut pas se transformer en expert SEO / médias sociaux / branding, et s’il veut s’occuper de sa musique et être entendu, il a intérêt d’être entouré de gens qui savent se servir de tout ça, non pour le faire « buzzer », calcul de court terme, mais simplement pour faire leur boulot de « structures d’encadrement » et lui permettre de choper des concerts, de gagner petit à petit une audience, etc…

    Ca on le vit concrètement en ce moment même, que ce soit coté zines, blogs, audioblogs, ou que ce soit coté maisons de disques, labels indés, management… Et tout le monde fait de son mieux pour piger quelque chose au « Joyeux foutoir 2.0″, en ayant largement oublié l’idée de « buzzer ». Laissons ça aux Vendettas et compagnie.

    Merci GRRR en tout cas, c’est intéressant d’approfondir le truc, de préciser les choses.

  15. 29/01/2010 at 21 h 55 min | Permalink

    Si seulement c’était aussi simple pour « les bons groupes ». Le souci c’est que les 5 pairs d’oreilles à frétiller du shéma, il faut maintenant les multiplier par 100, par 200, par 300… milles.

    P.S. : Je suis totalement d’accord avec le concept de l’étape 1

  16. Olivier R.
    29/01/2010 at 22 h 20 min | Permalink

    @Emmanuel : J’avoue que c’était complexe de faire figurer quelques centaines d’oreilles sur le schéma. Et j’avoue également que c’est super simple de faire un joli keynote sur le thème en disant : « Hé ben voilà ! Allez hop, salut. »

    Non, le principe, c’est que là y’a une clé majeure que les groupes qui débutent n’ont pas tous intégrée : la présence en ligne n’est pas un gadget, c’est une condition nécessaire.

    Condition suffisante pour vivre de sa musique ?

    Peut-être, peut être… Mais c’est pas simple, de les trouver, ces milliers d’oreilles de fans potentiels.

    Clair. Pas simple mais ça mérite réflexion : beaucoup de pistes sont explorées en ce sens en ce moment. La seule dont je sois super sûr, c’est que si tu te remets pas en cause, tu es condamné à terme. Notamment sur les segments indés où tous les acteurs, des artistes aux labels, ont à la fois une super opportunité de bypasser les médias tradi ET un grand saut dans le vide à faire parce qu’on ne sait pas encore comment on va s’y retrouver…

    Flippant ou enthousiasmant ?

    Les deux, les deux. Non ?

  17. 30/01/2010 at 23 h 30 min | Permalink

    Ahah ! Très drôle !
    Et maintenant penchons nous donc sur la question …Qu’est ce qu’un bon blog ?

    From Bidibule With Love

  18. Olivier R.
    01/02/2010 at 20 h 27 min | Permalink

    @Bidibule hahaha : cette question casse gueule. Réponse en creux : pas le mien (un article tous les 15 jours, on a vu plus énervé du clavier) (

    Qui a dit Playlist Society ?)

  19. 02/02/2010 at 14 h 21 min | Permalink

    Et oui ! C’est effectivement ultra casse gueule.. .

    En tous cas, c’est vraiment intéressant ce que vous vivez en interne sur net emergence (j’en ai quelques échos).

  20. Olivier R.
    03/02/2010 at 2 h 15 min | Permalink

    @Bidibule Haaaa les débats Net Emergence. C’est ce qui a généré cet article, vraiment.

    Oui, c’est passionnant d’y participer parce qu’on est en plein dans le concret et en plein dans le vif du sujet, avec des confrontations de points de vue de gens qui vont tous dans le même sens sans regarder dans la même direction.

    Si avec ça ils se rentrent pas dedans. Mais c’est tellement bon esprit, ça fait presque peur. Tu te dis : « Attends, on est pas d’accord mais on discute. Cool. Pourquoi c’est pas toujours comme ça ? »…

  21. 21/02/2010 at 12 h 41 min | Permalink

    Qu’attendent les Inrocks pour … t’embaucher ?

    Il y aurait enfin quelqu’un chez eux qui a un réel talent … !

    En attendant, je te fais une pub objective sur mon Twitter …

    PS: merci pour le chèque, mais y fallait pas …

    ZyZZZyZ

  22. 21/02/2010 at 12 h 43 min | Permalink

    Qu’attendent les Inrocks pour … t’embaucher ?

    Il y aurait enfin quelqu’un chez eux qui a un réel talent … !

    En attendant, je te fais une pub objective sur mon Twitter …

    PS: merci pour le chèque, mais y fallait pas …

    ZyZZZyZ

Post a Comment

Your email is never published nor shared. Required fields are marked *

*
*
div>