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Chic, cette semaine encore – ça va devenir une manie – la Useless Playlist reçoit un Invité de Qualité Premium. L’invité en question étant une invitée – rechic – c’est avec un savoir-vivre exemplaire que je lui déroule un tapis, plus rouge que ça y’a pas, afin de lui laisser carte blanche, plus blanche que ça c’est pas possible, comme le veut désormais l’usage.
Il est bien entendu hors de question de vous révéler le nom de l’Invitée Mystère de la semaine avant que vous n’ayez dévoré :
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Chanson pour ces passants aux yeux lymphatiques de mérou apoplexique
par
une Invitée Mystère
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Aucune idée si des yeux peuvent être lymphatiques et un mérou apoplexique, mais il me fallait une rime en -ique pour que ce titre en forme de saillie drolatique pique votre curiosité.
J’suis pas d’un naturel très violent, en tout cas pas en apparence. Et pourtant je passe pas mal de temps dans les transports en commun ou à marcher à 200 à l’heure dans la rue, à rattraper mon bus, mon écharpe, mon parapluie, mon temps perdu à racler le fond d’un pot de Nutella… De fait je croise beaucoup de gens de manière très éphémère, mais mon cerveau a quand même le temps d’imaginer des trucs dingues.
Vous connaissez la série Scrubs dont le personnage principal, John ‘JD’ (prononcez djéï-dii), n’arrête pas de se faire (littéralement) des films, imaginant comment, dans une dimension parallèle, la situation dans laquelle il se trouve pourrait évoluer ? Ou tout simplement imagine des gros délires sans queue ni tête.
Ce genre de choses m’arrive parfois (si un jour on se croise et que vous me voyez sourire sans raison… bah maintenant vous avez la raison).
Et donc – car il faut bien arriver au pourquoi du comment du choix de ce titre – sachant cela, vous imaginez bien qu’avoir souvent de la musique dans les oreilles accroît de manière exponentielle l’aptitude de mes neurones à faire des connexions bizarroïdes.
L’impression que tout ce qui se passe autour de soi est le clip de la chanson écoutée n’aide pas.
‘Faut dire que les gens ne m’aident pas non plus à gardez les pieds sur Terre. Vous savez très bien de quoi j’veux parler, vous avez comme moi parfois du mal à saisir dans le regard des gens la moindre lueur de vie humaine. C’est pas un reproche, ça m’arrive régulièrement d’avoir la tête entre les fesses à n’importe quelle heure de la journée, seulement voilà, c’est un fait, quand les gens me regardent avec ces yeux-là pendant que des morceaux comme celui ci-dessous passent dans mes oreilles…
Ce serait difficile de vous décrire. De toute façon vous voyez ce que je veux dire.
…
Hein, dites, vous voyez ?
Je sais que je ne suis pas folle.
Mon dieu, Dr House disait la même chose dans la saison 5… Argh !!
Bref, ce morceau.
Choisir un seul morceau, comme les autres participants de la Useless Playlist l’ont vécu et écrit, c’est dur. J’avais le thème (le titre bizarre de là-haut) avant le morceau, et en farfouillant dans ma bibliothèque iTunes ce titre s’est tout simplement imposé de lui-même, tout simplement parce qu’un de ses épisodes délirants s’est joué sur cette musique. Je dois avouer que je n’avais pas non plus envie de pousser la torture (UN morceau, quoi) trop loin.
J’suis une fille pressée, vous l’aurez compris. Prolixe, mais pressée.
Mangez-vous donc ce morceau chauffé à blanc d’Hüsker Dü, groupe de punk-rock états-unien au nom norvégien qui a commencé par faire du hardcore punk qui pousserait n’importe quel tympan à se suicider par “écoute prolongée de Grégoire”, avant d’évoluer vers quelque chose d’un peu plus mélodique, guidant la voie pour des centaines de groupes qui allaient participer à ce qu’on appelle le “rock alternatif”. C’est un de ces groupes dont on se rend compte 10 ans après de leur importance capitale dans l’histoire du rock. De ce fait, ils n’ont jamais connu de grands succès populaires, et donc vous avez toutes les chances de n’en avoir jamais entendu parler, ce qui est un mal que j’ai eu envie de réparer !
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Hüsker Dü – What’s Going On
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“What’s Going On” est extrait de Zen Arcade (1984), qui a tout d’un concept album (= plus de 20 morceaux, un de 45 secondes et un autre de 14 minutes, quasiment toujours des premières prises), sauf que j’ai jamais saisi le concept. Toujours est-il que les morceaux sont excellents, que ça part dans tous les sens, Mould et Hart ont l’air complètement possédés, la notion de “limite” s’effaçant devant la créativité de ces bonhommes.
Voilà voilà. C’est une vieillerie (j’entends quelqu’un me hurler “CLASSIQUE!” à l’oreille), mais je dois vous avouer que dans la rue j’écoute plus volontiers des vieilleries que des nouveautés, d’autant que des trucs rock couillus et jouissifs, ça court pas les rues ces temps-ci.
Tout ça est beaucoup plus long que prévu.
Je file.
Mlle Eddie
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Mais qui es-tu donc, Mademoiselle Eddie ?
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La question n’est pas vaine.
Ici on aime les mutants et les énigmes.
Eddie Williamson – c’est évidemment un pseudonyme ou pas – constitue avec la formation des trous noirs et les moaïs de l’ïle de Pâques, l’un des grands mystères encore non élucidés par la science moderne.
Expéditive, rentre-dedans, tranchée, directe, Mademoiselle Eddie n’est pas une fille facile. Ce qui constitue une bonne raison d’éprouver pour elle la plus grande des tendresses, et une certaine fascination au passage.
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Rassemblons quelques éléments :
1° Mlle Eddie dirige d’une main de fer le site à vocation musicale « Le Choix de Mademoiselle Eddie » . Visitez la chose et il vous viendra une évidence : une équipe rédactionnelle dédiée, entièrement composée de cyborgs mutants (18 conduits auditifs en kevlar, clavier incorporé, code HTML intégré dans l’hémisphère droit) s’applique à rédiger l’impressionnante somme de chroniques qui compose la chose.
Erreur et stupéfaction : c’est bien Eddie Williamson (petite-fille probable du célèbre Oliver E. Williamson, brillant économiste, révolutionnaire théoricien des coûts de transaction et prix Nobel 2009 pour ses travaux sur la gouvernance) qui officie, seule. C’est d’ailleurs pour cette raison que le site se nomme « Le Choix de Mademoiselle Eddie » , réfléchissez deux minutes.
2° Derrière le pseudonyme Mlle Eddie se cache un célèbre érudit ayant dédié plus de 20 ans à la connaissance encyclopédique des musiques amplifiées. Mais je ne révélerai pas son identité pour d’évidentes raisons d’ignorance absolue.
Erreur et stupéfaction : Eddie Williamson (petite-fille probable du célèbre Oliver E. Williamson, prix Nobel de… ha je l’ai déjà dit) est née en 1989 et passe son temps à écouter de la musique, sauf quand elle n’en écoute pas, ce qui arrive fréquemment pour des raisons indépendantes de sa volonté (sommeil, environnement professionnel peu propice aux déflagrations punk, ce genre…).
3° Eddie Williamson aime le Nutella, les morceaux 1/2/3/boom dans ta face de deux minutes, les flux RSS, et écrire de jolies choses sur à peu près tout ce qui se fait d’intéressant en matière de trucs à se mettre entre les oreilles.
4° Eddie Williamson vous balance à la face du Husker Du, quand les jeunes femmes de son âge voudraient être Feist, ou Cat Power, ou n’importe quelle fille à frange.
5° Mademoiselle Eddie, derrière son masque de jeune fille brillante, expéditive, rentre-dedans, tranchée, directe et tout ça, dissimule avec une grande pudeur un naturel brillant, expéditif, rentre-dedans, tranché, direct et tout ça.
Mademoiselle Eddie réfléchit vite et dit les choses vite.
Mademoiselle Eddie n’a pas que ça à foutre non plus. Trop de choses et pas assez de temps.
Mademoiselle Eddie utilise les mots « des trucs rock couillus et jouissifs ».
Mademoiselle Eddie écrit « Ca m’arrive régulièrement d’avoir la tête entre les fesses à n’importe quelle heure de la journée »
Parfois, Mademoiselle Eddie utilise l’expression « …Et il avoine la pouliche. » (authentique).
Tout ça sans perdre une once de féminité. Une gageure.
Et puis, parfois, une faille, une question, un doute. Léger mais suffisant pour que l’on comprenne que Mlle Eddie est un être humain.
Vulnérable, presque. Comme une jeune fille de 21 ans.
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A la fin, Mademoiselle Eddie écrit « Je file. »
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C’est alors que l’on se retient de la suivre. Pour lui laisser le « petit mystère » auquel elle tient tant.
Et avoir le temps de lire ce qu’elle ne devrait pas avoir le temps d’écrire.
Olivier
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Attention, cette biographie comporte quelques éléments fantaisistes, puisque, comme tout le monde, je ne sais que peu qui se cache derrière l’épatante Eddie Williamson.
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Précision inutile
Tout ce qui vous a plu sur cette page, c’est grâce à Mademoiselle Eddie.
Tout le reste, c’est entièrement de ma faute.
Merci majuscule, Miss.
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6 Comments
Encore un très bon invité pour la Useless Playlist ! J’aime beaucoup la bio à la fin, c’est à peu près ce que je me disais sur elle.
Moi qui pensait que tu allais enfin révéler sa véritable identité :)
@ Ben. F. Je la connais. Mais je ne suis pas ce genre de balance. ;)
(non, c’est pas vrai, le mystère plane presque encore un peu).
PS : scan du passeport de Mlle eddie à céder, faire offre.
PPS : mais nooonnn (elle va me tuer).
PPPS : pas taper, Eddie, just kidding.
@Gaby Thanx Mister. Touché ! Stay tuned. Ca continue la semaine prochaine !
c’est vrai qu’ils sont bien ces portraits! ça donne envie de visiter l’univers des invités, et ça c’est chouette!
Monsieur R. votre useless playlist commence à compter. On me dit dans les diners entre rockeurs couillus qu’elle ne déparerait pas à côté du fameux « Rock’n'Folk HS : nos découvertes des années 2000 de Bob Dylan au Rolling stones »
Husker Dü c’est un très très bon choix. En plus c’est grâce à ce groupe que j’ai découvert ce site alors c’est dire.
Le texte de Melle Eddie tamponne. Même si je me demande de quels transports elle parle.
Et ton texte aussi mais le mystère reste entier.
C’est très très énervant. Mais énervant genre qui énerve pas quoi.
Allez mon encyclopédie de la musique Rock’N'Folk m’attend : « TOUS les groupes de musiques de 1965 à 2010 en 34 pages ». Une somme comme on dit…
Monsieur V. C’est très aimable à vous.
Merci pour Mlle Eddie… qui garde son mystère avec elle, encore (profite bien, un jour, on saura, un jour)
Merci d’arrêter de tancer Rock & Folk rien que pour m’embêter.
Ce n’est pas digne de vous (argument de type culpabilisant, fort commode). Garnement.