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C’est pas pour dire, mais ils se font rares, les êtres humains épatants. Surtout chez les jeunes (car toi, jeune standard, tu es un con, hein, on va pas se mentir, en tant qu’ex jeune, je suis très au fait de ces choses).
Alors quand on découvre un jeune de type épatant, on se dit : «Tiens, me voilà épaté.» puis on l’observe. S’il s’avère encore épatant. Il devient agaçattachant.
C’est pourquoi je confesse une tendresse toute particulière pour l’Invité de la semaine, celui qui vous offre, là comme ça, sans prévenir, alors même que les beaux jours poussent et que les jupes raccourcissent, cette :
Chanson pour résister au froid, à la neige, au blizzard, et pour danser nu avec un élan
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Je me suis diablement cassé la tête pour trouver une idée pour cette Useless Playlist. Malgré mon pitoyable effort pour éviter de penser au prestige et à la pertinence des invités précédents, ça n’a pas manqué. L’angoisse est venue paralyser mon ersatz de productivité (poil au…).
Les yeux dans le vague, j’étais donc assis, regardant la neige tomber et le thermomètre plonger, me demandant sans cesse par quel improbable enchaînement logique un type aussi clairvoyant que Mr Olivier avait pu me demander de choisir une chanson.
Une seule chanson, sans déconner.
A moi !
Il faut savoir que là où je vis, l’hiver est rude, le froid mordant, le soleil absent et les élans féroces (très).
Là où je vis, dès le mois de novembre, lorsque l’hiver commence à prendre ses quartiers, la lutte contre le froid humide et sournois devient vitale.
Bien des remèdes ont pourtant été testés.
Au temps des vikings, on allait faire des barbeuc chez les voisins.
Enfin, avec la maison des voisins.
Et on leur avoinait la gueule à coup de massue. C’était bien, ça réchauffait.
Mais de nos jours, puisque égorger la veuve et piller l’orphelin n’est plus vraiment socialement valorisant, il a fallu trouver autre chose pour réchauffer les chaumières Scandinaves.
C’est là qu’interviennent les Slagsmålsklubben (prononcez slag-smol-skloubeune). Originaire de Suède, cette bande de gamins à peine sortis de l’adolescence a du être bercée sacrément près du mur.
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Leur nom (barbare s’il en est), c’est la traduction littérale de Fight Club, le célèbre film de Fincher. Choisir le nom d’un film phare de génération en mal de repères, ce n’est pas dû au hasard. Car les repères, ils les éclatent plus efficacement que les vikings les rotules adverses.
Choisir le nom d’un film schizophrène, malsain mais intimement réjouissant n’est pas non plus anodin.
La chanson «Sponsored By Destiny» c’est l’électro-boule-de-noël dans toute sa splendeur.
Tout ce que je déteste.
Des couleurs, du brillant, des flashs. Des paillettes, du mauvais goût, du kitsch, des bibelots effrayants sur l’étagère de votre grand-mère. Des bidules qui clignotent, du son en MIDI, des consoles, des blips, des bips.
Mais il y a surtout tout ce que j’aime.
Un second, voire troisième degré complètement assumé, un mépris évident pour toute forme de limites et de codes, une joie de vivre qui déborde par tous les pores de cette électro décadente. Un enthousiasme qui transcende le mauvais pour atteindre le dément. Les innombrables palpitations, tressautements et contorsions de ce morceau de bravoure épileptique sont autant de contrastes avec l’hiver polaire, la neige immaculée et le silence glacé.
Pour vaincre l’hypothermie, il ne reste plus qu’à pousser le son à fond, laisser ses bras et ses jambes fendre l’air au rythme de cet délicieux déluge de mauvais goût. Et puis ne pas oublier de prendre son élan sous le bras.
Et danser, nu.
Martin U.
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Mais qui es-tu donc Martin U. ?
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Je vous ai dit que j’avais une petite soeur ?
Non ?
Bon. J’ai une petite soeur. Elle se prénomme Sophie, elle a 10 ans de moins que moi, elle vit à Genève, elle est jolie, drôle, intelligente, dotée de ce grain de folie furieuse qui rend la vie amusante et elle me fait écouter des groupes que je ne connais pas.
A l’Usine, le seul lieu fréquentable de Genève, si vous croisez une petite blonde aux yeux bleus avec des cheveux de là à là, qui rit en buvant des mojitos au son trop fort d’un mix electro de qualité, il y a de fortes chances que ce soit elle.
Ma petite soeur est un être humain épatant.
Elle aurait moult raisons d’être devenu une sacrée connasse (études prestigieuses, job prestigieux, ville de crâneurs patentés, physique avenant etc…).
Hé bien non.
C’est un superpouvoir.
Et si vous vous demandez pourquoi je vous raconte ça – ce qui est légitime – laissez moi finir sinon on ne va pas s’en sortir.
Certains êtres humains sont dotés de superpouvoirs. C’est un fait (cf. ma petite soeur) (c’est un exemple).
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Le jeune Martin U. par exemple, est doté d’environ le même superpouvoir que ma petite soeur.
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Martin aurait toutes les raisons objectives d’être un jeune de type standard (donc con) : voilà un jeune homme doté d’un cerveau de qualité Excelsior, d’un physique avenant, évoluant dans un milieu pré-professionnel propre à transformer n’importe quel jeune homme lambda en imbu imbuvable (et ne me dis pas le contraire, zazou).
Voilà un jeune homme que tout destine à devenir chiant.
Songez :
- A 5 ans, il invente l’Internet moderne.
- A 8 ans, il publie sous le pseudonyme de Guy Debord, «La Société du Spectacle.», un essai qui fera date, et dont, avec l’humilité qui le caractérise, il ne revendiquera jamais la paternité.
- A 11 ans, Martin s’ennuie, il invente le Prix Nobel. Il vit désormais à Stockholm pour vérifier que tout se passe bien.
- A 13 ans, Martin s’amuse, prend du bon temps et suggère à des amis états-uniens de lancer un «moteur de recherche» qui pourrait s’appeler «Google», parce que le mot le fait rire. La suite appartient à l’histoire.
- A 14 ans, Martin, afin de préparer une boum pour son anniversaire, invente le format MP3, bien commode pour éviter de changer les pistes des CD toute la soirée.
- A 17 ans, lors d’une soirée bien arrosée, Martin invente l’abat-jour, qu’il porte désormais sur la tête en permanence (voir photo).
L’an passé, Martin fonde avec une bande de zigotos (je ne vois pas d’autre mot) le fondamental «Branche ton Sonotone», webzine musical impeccable et décontracté, foutraque et pointu, qu’il est donc autorisé de jalouser et dont il assure la rédaction en chef.
A l’usage, le Martin s’avère drôle (très), passionné (très), curieux (très), érudit (très), musicalement recommandable (très) et doté d’un sens du non sens qui vous amène à vous demander si (1) ce garçon est un génie qui s’ignore ou (2) si son cerveau est entièrement composé de spaghettis trop cuits.
Oubliez la réponse (2), ce garçon écrit en toute discrétion des choses brillantes et jolies, ici et là, par exemple.
Donc Martin est fou (très).
Son entourage proche le confirme (très).
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Ce qui l’amène
- entre autres -
à fricoter nu avec des élans.
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Je vous ai dit que je n’avais pas de petit frère ?
Non ?
Bon, je n’ai pas de petit frère, mais si j’en avais un, une sorte de genre de Martin U. me conviendrait parfaitement.
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Olivier
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PS : Et si vous ne me croyez pas, suivez donc ce compte Twitter.
PPS : Et Happy Birthday, jeune homme, by the way.
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Précision inutile
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Tout ce qui vous a plu sur cette page, c’est grâce à Martin.
Tout le reste, c’est entièrement de ma faute.
Merci majuscule, Mister.
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3 Comments
Ça c’est de la biographie !
Et encore, j’ai fait l’impasse sur certains événements mineurs (traversée de la Loire à la nage, création de l’Ipod, Théorie du Don / Contredon, Prix Pulitzer, militantisme actif pour la reconnaissance des élans en tant que citoyens du monde…), sinon on s’en sortait pas…
C’est fou tout ce qu’il a pu inventer. J’en reste sans voix. Si ce Monsieur aurait un peu de temps en ce moment, j’apprecierai qu’ il négocie avec le président pour retirer une bonne fois pour toute cette p**** d’heure en moins qui me déchire le cerveau.
Sinon bien sympa ce groupe suédois.